samedi 17 mai 2008

La creation de l'univers a partir du néant

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"Dans sa forme standard, la théorie du Big-Bang prétend que chaque partie de l'univers a grandi simultanément. Mais comment ces différentes parties pouvaient-elles synchroniser le début de leur expansion ? Qui leur en a donné l'ordre ?"

André Linde, Professeur de Cosmologie

Il y a un siècle de cela, la création de l'univers était un concept que les astronomes ignoraient en tant que tel. L'idée communément admise était celle d'un univers éternel. En examinant l'univers, les scientifiques supposèrent qu'il s'agissait simplement d'un agrégat de matière et s'imaginèrent qu'il n'avait donc pas de commencement. L'idée de "création" n'existait donc pas à proprement parler, c'est-à-dire celle d'un moment où l'univers et tout ce qu'il contient commença à exister.

Les diverses notions européennes issues de la philosophie matérialiste s'accordent particulièrement bien avec cette conception de l'existence éternelle. Cette philosophie, soutenue originellement par les Grecs, a avancé que la matière était la seule chose qui n'ait jamais existé dans l'univers, que l'univers avait existé depuis l'éternité et qu'il existera toujours. Cette pensée, qui a survécu sous différentes formes durant l'époque romaine, a néanmoins connu un déclin à la fin de l'Empire Romain et au début du Moyen-Age causé par l'influence montante de l'église catholique et de la philosophie chrétienne. Ce n'est qu'après la Renaissance que le matérialisme commença à resurgir et à se revivifier chez les savants et scientifiques européens, en grande partie grâce à la redécouverte de la philosophie de la Grèce Antique.


Le philosophe allemand Immanuel Kant fut le premier à avancer la thèse de l"univers infini" au siècle des Lumières. Cependant les découvertes scientifiques infirmèrent l'assertion de Kant.

C'est Emmanuel Kant qui fut le premier à réaffirmer et à défendre le matérialisme durant la révolution culturelle en Europe. Kant affirmait que l'univers existait de tout temps et que chaque probabilité, même improbable, devrait être considérée comme étant possible. Les disciples de Kant continuèrent à défendre l'idée d'un univers éternel sur la base du matérialisme. Au début du 19ème siècle, l'idée d'un univers sans début et sans véritable création fut généralement acceptée. En effet, un nombre de penseurs tels que Karl Marx et Friedrich Engels défendirent ardemment cette pensée dans leurs œuvres.

Cette notion d'un univers infini prit de l'ampleur avec l'avènement de la pensée athée : rien n'est plus simple à expliquer. En effet, croire en un début de l'existence de l'univers impliquerait forcément qu'il ait été créé. De même, cette création requiert la présence et l'existence d'un créateur, en l'occurrence Allah. Il était donc bien plus convenable et plus sûr pour eux de nier cette notion de création même s'ils n'avaient pas la moindre preuve qui soutenait leur hypothèse. Georges Politzer, qui du reste épousa et défendit cette conception dans ses livres au début du 20ème siècle, était un fervent adhérent du marxisme et du matérialisme.

En mettant tout son cœur à démontrer la validité du modèle de "l'univers infini", il démolit ainsi l'idée de création de l'univers dans son livre Principes Fondamentaux de Philosophie :

L'univers n'est pas un objet créé. S'il l'était, alors il l'aurait été instantanément par Dieu et il l'aurait été à partir de rien. Accepter sa création signifie accepter, en premier lieu, l'existence d'un moment où l'univers n'existait pas, et que quelque chose s'est créé à partir du néant. C'est une chose à laquelle la science ne peut accéder.3

Dans sa thèse sur la notion d'univers éternel, Politzer pensait faussement que la science était de son côté. Alors qu'en fait la science allait prouver que l'univers avait un commencement. Ainsi, et comme le dit lui-même Politzer, la création implique l'existence d'un créateur.

L'expansion de l'univers et la découverte du Big-Bang

Les années vingt ont beaucoup contribué au développement de l'astronomie moderne. En 1922, en accord avec la théorie de la relativité d'Einstein, le physicien russe Alexandra Friedman démontra que la structure de l'univers n'était pas statique et qu'un minuscule mouvement de celui-ci pourrait suffire à causer l'expansion ou la contraction de l'univers. George Lemaitre fut le premier à interpréter et à souligner l'importance et la signification des travaux de Friedman. A partir de ses calculs, l'astronome belge réussit à démontrer que l'univers avait un commencement et qu'il était en fait en train de s'accroître continuellement. Quelque chose avait en effet déclenché cette expansion. Il a alors établi que le taux de radiation pouvait être utilisé comme mesure de la conséquence de ce "quelque chose".

Les analyses théoriques de ces deux scientifiques n'intéressèrent guère et auraient été probablement oubliées si de nouvelles considérations expérimentales n'étaient pas venues bouleverser la communauté scientifique en 1929. Cette année-là, l'astronome américain Edwin Hubble, travaillant pour l'observatoire Wilson du Mont California, fit une des plus grandes découvertes de l'histoire de l'astronomie. Alors qu'il observait des étoiles à l'aide de son immense télescope, il découvrit qu'il existait un certain décalage de la lumière vers la couleur rouge du spectre et que celui-ci était directement lié à la distance qui séparait les étoiles de la Terre. Cette découverte ébranla les bases conceptuelles du modèle de l'univers en vigueur jusqu'alors.


Edwin Hubble découvrit que l'univers s'agrandissait. Finalement on avait prouvé que le Big-Bang était un événement cataclysmique. Ceci força les scientifiques à abandonner la notion d'un univers infini et éternel.

Selon certaines lois physiques connues, les spectres des faisceaux de lumière se déplaçant vers un point d'observation ont tendance à se décaler vers la couleur violette, alors que les spectres des rayons lumineux s'éloignant du point d'observation ont tendance à se décaler vers le rouge (tout comme le sifflement d'un train qui s'éloigne de l'observateur). Par cette observation, Hubble démontra que les corps célestes avaient en fait tendance à s'éloigner de nous. De plus, Hubble fit une autre découverte antérieure importante : les étoiles ne s'éloignent pas simplement de la Terre, notre point d'observation, mais elles s'éloignent aussi les unes des autres. Les seules conclusions pouvant être déduites de cette double observation était que l'univers était en phase d'"expansion".

Hubble amena ainsi les preuves scientifiques que Georges Lemaitre avait "prophétisées" quelques temps auparavant, et qu'un des esprits les plus géniaux de notre époque avait reconnu quinze ans auparavant. En 1915, Albert Einstein était arrivé à la conclusion que l'univers ne pouvait être statique suite aux calculs qu'il entreprit en concordance avec sa théorie de la relativité (et ce faisant, il avait anticipé les conclusions de Friedman et Lemaitre). Dans la mesure où les astronomes lui assuraient que l'univers était statique, la seule possibilité de faire correspondre ses équations à l'observation fut d'ajouter une "constante cosmologique" à ses équations pour faire en sorte que la "réponse ne puisse plus comporter d'équivoque". Quelques années plus tard, Einstein dut admettre que sa "constante cosmologique" était une des plus grandes erreurs de sa carrière.

Suite à la découverte d'Hubble concernant l'expansion de l'univers, un autre modèle, qui n'avait pas besoin de contorsions pour démontrer l'exactitude des équations, apparut. En effet, si l'univers s'agrandit à travers le temps, cela signifie, si on réfléchit "à l'envers", qu'il était de plus en plus petit au fur et à mesure que l'on remonte dans le temps. En remontant suffisamment loin dans le temps, l'univers tout entier serait confiné, à ses origines, à un seul et unique "point" mathématique. La conclusion que l'on pourrait tirer de ce modèle est, qu'à un certain moment donné, toute la matière de l'univers formait une masse unique, compacte, de la taille d'un point et de volume nul dû à l'immense force gravitationnelle. Notre univers serait donc né de l'explosion de cette masse ponctuelle et sans volume. Cette explosion, le "Big-Bang", a été démontrée à maintes reprises par de nombreuses preuves scientifiques.

Une autre vérité sous-tend la théorie du Big-Bang. En effet, si cette masse est réellement sans volume, cela reviendrait à dire qu'elle est l'équivalent d'un "rien" dans notre monde tridimensionnel. Donc tout l'univers aurait été créé à partir de ce "néant". Et qui plus est, l'univers aurait donc un commencement, contrairement à la conception matérialiste, qui maintient que "l'univers existe pour et depuis l'éternité".

L'hypothèse de la phase de stabilité

La théorie du Big-Bang a très vite gagné du succès et de la crédibilité auprès des scientifiques grâce aux preuves évidentes qui la sous-tendaient. Néanmoins, les astronomes qui étaient partisans du matérialisme et qui adhéraient à cette idée d'univers infini et éternel se sont tenus largement à l'écart de la théorie du Big-Bang afin de rester fidèle à leur croyance matérialiste. La raison de cette position s'éclaircit à la lumière de la déclaration de l'astronome anglais, Arthur Eddington : "D'un point de vue philosophique, l'idée d'un commencement abrupt à l'ordre actuel de la Nature me répugne."4

Vers la moitié du 20ème siècle, un autre astronome, Fred Hoyle, s'opposa également à la théorie du Big-Bang. A cet égard, ce scientifique proposa un autre modèle, celui de "la phase de stabilité". Ce modèle s'inspira de l'idée de l'univers infini et éternel mentionnée plus haut. En admettant l'hypothèse d'un univers en accroissement perpétuel, il avança l'idée que l'univers était infini à la fois dans sa dimension et dans le temps. D'après ce modèle, il y avait donc une auto-création sans cesse de matière nouvelle qui serait à son tour en quantité suffisante pour permettre à l'univers de se positionner sur cette "phase de stabilité". Motivée par l'unique affirmation que, ce qui est d'ailleurs la base même de la philosophie matérialiste, cette théorie est donc complètement différente de celle du Big-Bang dans le sens qu'elle maintient l'hypothèse que "la matière existe de manière infinie et éternelle" alors que la seconde proclame justement que "l'univers a un commencement". Les disciples de Hoyle et ceux de la théorie de "la phase de stabilité" étaient donc de fervents opposants de la théorie du Big-Bang et ce, pendant des années. Cependant, la science travailla contre tous les deux…

Le triomphe du Big-Bang

En 1948, George Gamov poussa les calculs de George Lemaitre un plus loin et aboutit à une nouvelle idée concernant le Big-Bang. Si l'univers avait été crée à partir d'une explosion soudaine et cataclysmique, il devait y avoir une quantité définie de radiation laissée par l'explosion. Cette radiation devait être détectable et, qui plus est, devait être uniforme à travers l'univers.


La radiation cosmique découverte par Penzias et Wilson est considérée comme preuve incontournable du Big-Bang par le monde scientifique..

La preuve expérimentale de Gamov a porté ses fruits en l'espace de deux décennies. En 1965, deux chercheurs du nom d'Arno Penzias et de Robert Wilson tombèrent sur une forme de radiation jusque-là non connue. Du nom de "radiation cosmique de l'arrière-plan", elle ne rappelait aucune autre forme observée jusque là dans l'univers. Elle était d'une uniformité extraordinaire, ne pouvait être localisée et ne possédait aucune source définie. En revanche, elle était distribuée en quantité égale à travers l'univers. Il fut vite découvert que cette radiation était un résidu du Big-Bang. Gamov fut étonné de la fréquence de la radiation car elle était presque identique à celle découverte par les prévisions des scientifiques. Penzias et Wilson reçurent le prix Nobel pour leur découverte.

En 1989, George Smoot et son équipe de la NASA ont envoyé un satellite du nom "d'explorateur de l'émission cosmique de l'arrière-plan" (COBE) dans l'espace. Il n'a fallu que huit minutes pour que les instruments efficaces du satellite détectent et confirment les niveaux de radiation déterminés par Penzias et Wilson. Ces découvertes ont démontré l'existence d'une forme dense et très chaude, résiduelle de l'explosion à partir de laquelle l'univers fut créé. Un bon nombre de scientifiques ont reconnu que le COBE avait détecté les restes du Big-Bang avec succès.

Il existe encore des preuves supplémentaires concernant le Big-Bang. L'une d'entre elles s'intéressa aux montants relatifs d'hydrogène et d'hélium contenus dans l'univers. Les observations ont confirmé le mélange de ces deux éléments calculés par les scientifiques de la théorie. Ces résultats contredirent la théorie de "la phase de stabilité". En effet, si l'univers avait existé depuis une éternité et n'avait jamais eu de commencement, tout cet hydrogène se serait consumé et serait devenu de l'hélium.

Avec de telles preuves, le Big-Bang gagna presque la totalité de la confiance du monde scientifique. Dans un article paru en octobre 1994 dans la revue Scientific American, son auteur attesta que le modèle du Big-Bang était la seule théorie qui pouvait expliquer l'expansion constante de l'univers et d'autres résultats empiriques.

Dennis Sciama, défenseur de la théorie de "la phase de stabilité" du scientifique Fred Hoyle, décrivit leur situation délicate face aux preuves accablantes du Big-Bang et dut se rendre à l'évidence qu'il ne pouvait plus soutenir Hoyle. Il admit finalement que la théorie de "la phase de stabilité" n'était plus d'actualité et devait être ainsi réfutée.5

Qui a donc créé l'univers à partir de rien ?

Face au triomphe de la théorie du Big-Bang, la thèse de "l'univers infini", dogme de la pensée matérialiste, fit donc rapidement partie des débris de l'histoire au sein du "consensus cosmique contemporain". Mais pour les matérialistes, cette affirmation ne fit que soulever d'autres questions : Qu'y avait-il avant le Big-Bang ? Et quelle était donc cette force qui provoqua l'explosion qui eut pour résultat final un univers qui n'existait pas auparavant ?

Des matérialistes comme Arthur Eddington reconnurent que les réponses à de telles questions ne pouvaient donner lieu qu'à la mise en évidence de l'existence d'un créateur suprême. Il était évident que cela leur était fortement désagréable. Le philosophe athée, Anthony Flew, fit un commentaire à ce sujet :

De manière notoire, la confession est bonne pour l'âme. Je commencerai alors par confesser que l'athée que je suis est dans l'embarras en raison du consensus cosmique contemporain. Car il semblerait que les cosmologues aient prouvé ce que Saint Thomas s'efforçait à vouloir faire admettre -que l'univers a un commencement- d'un point de vue philosophique. Aussi longtemps qu'il était convenu que l'univers n'avait ni fin ni début, il était assez simple de considérer son existence brute ainsi que toutes ses caractéristiques, aussi fondamentales soient-elles, comme étant une fin en soi. Même si je maintiens que ce point de vue reste correct, il m'est difficile d'opposer cette théorie face à l'hypothèse du Big-Bang.6

Beaucoup de scientifiques qui ne sont pas athées acceptent et défendent l'existence et la présence d'un créateur doté de pouvoirs infinis. Par exemple, l'astrophysicien Hugh Ross défend l'existence d'un créateur de l'univers qui soit au-dessus de toutes dimensions physiques :

Par définition, le temps est la dimension dans laquelle le phénomène cause-effet se produit. S'il n'y a pas de temps, il n'a pas de cause ni d'effet. Si le temps commence avec la création de l'univers, comme il l'est dit dans le "théorème de l'espace-temps", alors la cause de la création de l'univers se doit d'être une quelconque entité qui opère dans une dimension temporelle complètement indépendante et, préexistante de la dimension temporelle du cosmos... Cela voudrait dire que le Créateur est transcendant, et qu'Il opèrerait au-delà des limites dimensionnelles de l'univers. Cela suggère que Dieu ne soit ni l'univers en soi, ni contenu dans l'univers.7

Les objections à la création et les failles de ces objections

Il est désormais plus qu'évident que le Big-Bang signifie qu'il y a eu à la fois création à partir de rien et une certaine volonté de créer. En considérant ce fait, certains astronomes et physiciens matérialistes ont essayé de trouver des explications afin de réfuter cette réalité. Nous avons déjà fait allusion à la théorie de la "phase de la stabilité" de l'univers. Celle-ci fut maintenue et promulguée pour tout simplement ne pas avoir à faire avec la théorie du Big-Bang et ses conséquences, à savoir "la création à partir de rien", idée qui déplaisait fortement aux matérialistes. Ils tentèrent coûte que coûte de faire valoir leur philosophie.

Il y a eu également un bon nombre d'autres théories avancées par les matérialistes qui acceptaient à la limite la théorie du Big-Bang mais qui essayaient d'en extraire la notion de création. L'une d'entre elles était celle du modèle de "l'oscillation" de l'univers, une autre celle du "modèle de l'univers quantique". Examinons maintenant ces théories et testons leur validité.

Le modèle de l'oscillation de l'univers a été avancé par des astronomes qui n'appréciaient guère l'idée d'un commencement au Big-Bang. Ce modèle proclame que l'expansion actuelle de l'univers connaîtra un chemin à rebours et, qu'à partir d'un moment donné, il commencera à se contracter. Cette contraction provoquera un effondrement général de toute chose jusqu'à un point unique qui explosera à nouveau et qui mettra en route une nouvelle expansion. Ce serait donc un processus qui se répèterait infiniment dans le temps. Ce modèle a comme postulat de base que l'univers connaîtrait cette transformation un nombre de fois infini et que ce phénomène continuerait à se reproduire sans cesse. En d'autres mots, l'univers existerait pour l'éternité et s'accroîtrait et s'effondrerait à différents intervalles. L'univers dans lequel nous vivons ne serait alors que l'un des univers infinis parcourant le même cycle.

Cette théorie n'est rien d'autre qu'une tentative insuffisante pour adapter la théorie du Big-Bang à la notion d'univers infini. Le scénario proposé n'est pas confirmé par les résultats scientifiques de ces dernières 15-20 années, ce qui démontre l'impossibilité de l'existence d'un univers qui oscillerait sans cesse. De plus, les lois de la physique ne soutiennent en aucun cas qu'un univers qui se contracterait exploserait ensuite à nouveau. De plus, rien ne prouve qu'un univers en croissance devrait d'abord se contracter.8

Même si le cycle de la contraction-explosion-expansion était accepté, il serait peut probable que ce cycle puisse continuer ainsi éternellement. En effet, les calculs issus de ce modèle démontrent que chaque univers transférera une certaine quantité d'entropie à son successeur. En d'autres termes, la quantité d'énergie utilisable se réduirait à chaque fois et chaque univers qui s'ouvrirait le fera de plus en plus doucement, avec un diamètre de plus en plus large. Ainsi, l'univers diminuera de plus en plus jusqu'à sa disparition totale. Ainsi, même s'il existe des univers "ouverts" et "fermés", ils ne peuvent pas durer éternellement. A un moment donné, il est nécessaire que quelque chose ait dû être créée à partir de "rien".9

Brièvement, le modèle de l'univers qui "oscille" est un fantasme qui ne tient pas debout et dont la réalité physique est impossible.

Le modèle de l'univers quantique est une autre tentative pour purifier le Big-Bang de ses implications en faveur de l'idée de création. Les personnes supportant ce modèle ont eu recours aux observations de la physique quantique (subatomique). Dans la physique quantique, on observe des particules subatomiques apparaissant et disparaissant spontanément dans le vide. Le postulat de base de cette physique stipule que "la matière peut provenir du niveau quantum, c'est une propriété appartenant à la matière". A partir de cela, quelques physiciens essaient d'expliquer la naissance de la matière au cours de la création de l'univers de la non-existence en utilisant le postulat mentionné ci-dessus. Ce faisant, ces physiciens peuvent la présenter comme faisant partie des lois de la nature. Dans ce modèle, notre univers est interprété comme étant une particule subatomique faisant partie d'une plus grande.

Toutefois, ce syllogisme n'est pas du tout convaincant et, ne peut en aucun cas expliquer comment l'univers est venu au monde. William Lane Craig, l'auteur du Big-Bang : Theism and Atheism en explique les raisons :

Un vide mécanique quantique engendrant des particules de matériau est loin de ressembler à l'idée que l'on se fait d'un vide ordinaire (qui est synonyme de rien). Un vide quantique se définit plutôt comme étant une mer de particules qui se forment et se désagrègent sans cesse et qui empruntent de l'énergie à ce vide pour leur brève existence. Ainsi, ce vide n'est en aucun cas synonyme à un néant' et, par conséquent, ces particules matérielles ne naissent pas à partir de rien.10

Par conséquent, dans la physique quantique, la matière "n'existe pas avant d'avoir été". Le fait est que l'énergie ambiante se transforme soudainement en matière et disparaît tout aussi vite pour redevenir de l'énergie. Autrement dit, il ne peut y avoir d'existence à partir de rien comme il a été affirmé.

En physique, comme du reste dans les autres branches scientifiques, certains scientifiques athées n'hésitent pas à déguiser la vérité en négligeant certains points et détails critiques pour soutenir les théories matérialistes. Pour eux, il est bien plus important de défendre le matérialisme et l'athéisme que de révéler la vérité scientifique.

Cependant, un bon nombre de scientifiques rejette le modèle de l'univers quantique. C. J. Isham, par exemple, déclare que "le modèle n'est pas accepté par tout le monde car il contient des insuffisances inhérentes".11 Ainsi, même les personnes qui ont soutenu dès le début cette idée, telles que Brout et Spindel, l'ont finalement abandonnée.12


Stephen Hawking essaie aussi d'avancer des explications concernant le Big Bang autres que celle de la création tout comme d'autres scientifiques matérialistes le font en se basant sur des hypothèses contradictoires et sur des concepts faux.

Une autre version, plus récente et plus médiatisée du modèle de l'univers quantique, est celle avancée par le physicien Stephen Hawking. Dans son livre A Brief History of Time, Hawking soutient que le Big-Bang ne signifie pas forcément une existence à partir du néant. A la place de "l'absence de temps" avant le Big-Bang, Hawking proposa le concept de "temps imaginaire". Selon Hawking, il y avait seulement 10-43 secondes d'intervalle de temps imaginaire avant que le Big-Bang n'ait eu lieu et que le "temps réel" ne se soit formé. L'espoir de Hawking consistait en ignorer la réalité de cette "absence de temps" qui se trouve avant le Big-Bang en faisant appel au concept du "temps imaginaire".

Conceptuellement, le "temps imaginaire" est l'équivalent de zéro ou de la non-existence, comme un nombre imaginaire de personnes dans une pièce ou un nombre imaginaire de voitures sur une route. Ici, Hawking ne fait que jouer avec les mots. Il prétend que des équations sont exactes quand elles reposent sur un "temps imaginaire", cependant ceci n'a aucun sens. Le mathématicien Sir Herbert Dingle fait référence à la possibilité de rendre des choses imaginaires vraies en mathématique :

Dans le langage mathématique, on peut mentir aussi bien que dire la vérité. De plus, en mathématique, il n'est pas vraiment possible de distinguer l'un de l'autre. On ne peut les différencier que par l'expérience ou par un raisonnement non-mathématique, soit en l'appliquant à la possible relation entre la solution mathématique et son correspondant physique.13

En bref, une solution théorique ou imaginaire d'un point de vue mathématique ne se doit pas d'avoir une conséquence vraie ou réelle. En utilisant une propriété exclusivement mathématique, Hawking produit des hypothèses qui n'ont aucun rapport avec la réalité. Mais quelle était donc sa motivation ? Du reste, il admet lui-même qu'il préfère les modèles alternatifs des univers à la théorie du Big-Bang car cette dernière met l'accent sur une "création divine", qu'un tel modèle est justement supposé contrer.14

Ce qui est démontré par tout cela, c'est que les modèles alternatifs à celui du Big-Bang comme celui de la phase de stabilité, celui de l'univers clos et ouvert et celui de l'univers quantique se basent sur des préjugés philosophiques matérialistes. Les découvertes scientifiques ont démontré la réalité du Big-Bang et peuvent même expliquer l'existence à partir du néant. Ceci peut donc être considéré comme étant une preuve incontestable que l'univers a été créé par Allah. Cet argument est bien évidemment rejeté entièrement par les matérialistes.

Un exemple de cette opposition au Big-Bang peut se trouver dans un essai, apparu en 1989 et rédigé par John Maddox, l'éditeur de Nature (un magazine matérialiste). Dans "Down with the Big-Bang", Maddox déclare que le Big-Bang est philosophiquement inacceptable car il aide les théologiens en leur offrant de bons arguments pour soutenir leurs idées. L'auteur a également prédit que le Big-Bang serait désapprouvé, et qu'il perdrait tout support en l'espace d'une dizaine d'années.15 L'argument de Maddox fut mis à dure épreuve suite aux découvertes des dix années qui suivirent pendant lesquelles l'existence du Big-Bang fut prouvée à maintes reprises.

Certains matérialistes agissent avec plus de bon sens à ce sujet. Le matérialiste anglais H.P. Lipson, par exemple, accepta à contrecœur l'idée de la vérité de la création :

Si la matière vivante n'a pas été crée par l'interaction des atomes, des forces naturelles et de la radiation, comment a-t-elle bien pu apparaître ?... Je pense, cela dit, que nous devons admettre que la seule et unique explication plausible est celle de la création. Je sais qu'il s'agit d'une idée que les physiciens ont en abomination, comme elle l'est d'ailleurs pour moi, mais nous ne devons pas oublier que nous ne pouvons rejeter un argument qui est prouvé expérimentalement.16

En conclusion, voici la vérité révélée par la science : un être supérieur indépendant - un Créateur - doté d'un immense pouvoir a donné naissance à la matière et au temps. Allah, Celui qui possède un pouvoir omnipotent, une connaissance ainsi qu'une intelligence infinie, a créé l'univers dans lequel nous vivons.

Les signes du Coran

Mis à part une explication de l'univers, le modèle du Big-Bang a une autre implication importante. Comme Anthony Flex cité ci-dessus le dit, la science a prouvé une affirmation que seules les sources religieuses avaient soutenue jusqu'ici.

La vérité défendue par les sources religieuses est celle de la création à partir du néant. Tous les livres saints servant de guides à l'humanité pendant des milliers d'années mentionnent cette affirmation. Dans tous les livres saints comme l'Ancien Testament, le Nouveau Testament et le Coran, il est clairement dit que l'univers et tout ce qui s'y rapporte à été créé à partir du néant par Allah.

Dans le Coran, le seul livre révélé par Allah qui soit resté totalement intact, il y a des déclarations à propos de la création de l'univers qui s'est formé à partir du néant mais aussi au sujet de la manière dont cela s'est produit. En fait, ces déclarations correspondent aux connaissances du 20ème siècle alors qu'elles ont été révélées il y a plus de quatorze siècles.

Tout d'abord, la création de l'univers à partir du néant est révélée dans le Coran comme suit :

Créateur des cieux et de la terre. (Sourate Al-An'âm : 101)

Un autre aspect important révélé par le Coran il y a quatorze siècles, bien avant les découvertes modernes au sujet du Big-Bang, est, qu'à sa naissance, l'univers n'était constitué que d'un volume minuscule :

Ceux qui ont mécru, n'ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient une masse compacte ? Ensuite Nous les avons séparés et fait de l'eau toute chose vivante. Ne croiront-ils donc pas ? (Sourate Al-Anbiyâ : 30)

Le choix des mots dans la langue d'origine du Coran, l'arabe, est extrêmement important. Le mot arabe "ratk" traduit ici par "tissés" signifie "mélangés l'un dans l'autre" dans les dictionnaires arabes. Ce terme est utilisé pour désigner deux substances différentes qui ne forment, en réalité, qu'une entité. Le terme "décousus" renvoie au verbe arabe "fatk", qui signifie que quelque chose a été créé par la séparation ou le démontage du "ratk". On emploie souvent ce verbe pour désigner l'action d'arracher une graine du sol.

Revenons sur ce verset avec ces notions désormais en tête. Dans ce verset, le ciel et la Terre sont d'abord sujets au "ratk". Ils sont ensuite séparés (fatk) par l'extraction d'un des éléments de l'autre. Etrangement, des cosmologues parlent d'un "œuf cosmique", constitué de toute la matière existant avant le Big-Bang. En d'autres termes, les cieux et la terre dans leur totalité étaient compris dans cet œuf, dans un état de "ratk". Quand cet œuf explosa violemment, sa matière subit le "fatk" et, dans ce même processus, créa la structure de tout l'univers.

Une autre vérité révélée dans le Coran est celle de l'expansion de l'univers qui a été découverte à la fin des années vingt. La découverte de Hubble du déplacement rouge dans le spectre de lumière stellaire a été révélée dans le Coran :

Le ciel, Nous l'avons construit par Notre puissance et Nous l'étendons [constamment] dans l'immensité. (Sourate Az-Zâriyât : 47)

En résumé, les découvertes de la science moderne soutiennent la vérité révélée dans le Coran plutôt que les dogmes des matérialistes. Ces derniers peuvent bien dire qu'il ne s'agit que de simples coïncidences mais les faits sont clairs : L'univers doit son existence à un acte de création de la part d'Allah et que la seule vraie connaissance concernant l'origine de l'univers se trouve dans les paroles révélées par Allah.

L'equilibre de l'explosion

http://www.preuvesdelacreation.com/

Un article d'HARUN YAHYA-

"La vigueur de l'explosion de l'univers a été faite avec une telle exactitude jusqu'à sa force gravitationnelle. Le Big-Bang n'était pas évidemment n'importe quel bang mais une explosion d'une magnifique magnitude ordonnée."

Paul Davies, Professeur de physique théorique

Dans le premier chapitre nous avons examiné la création de l'univers à partir du néant comme étant le résultat d'une grande explosion. Considérons ci-dessous certaines de ses implications.

Les scientifiques estiment qu'il y a plus de 300 milliards de galaxies dans tout l'univers. Ces galaxies ont des formes fort diverses (en spirale, elliptique, etc.) et chacune d'entre elles contient autant d'étoiles que l'univers contient de galaxies. L'une de ces étoiles, le Soleil, possède neuf planètes qui gravitent autour d'elle harmonieusement. Nous tous vivons sur la troisième de ces planètes en partant du Soleil.

Regardez autour de vous : avez-vous l'impression que ce qui vous entoure est éparpillé d'une manière hasardeuse ? Bien sûr que non. Mais comment se fait-il alors que la matière ait été organisée en galaxies si elle fut dispersée au hasard ? Pourquoi la matière fut-elle accumulée en certains points et constitua des étoiles ? Comment l'équilibre minutieux de notre système solaire put-il émerger suite à une violente explosion ? Ces questions importantes nous amènent à poser une ultime question : comment l'univers fut-il structuré après le Big-Bang ?

Si le Big-Bang avait réellement été une explosion cataclysmique, il serait alors raisonnable de s'attendre à ce que la matière ait été éparpillée partout au hasard. Mais ce n'est pas le cas. Au lieu d'une totale anarchie dans l'organisation de l'univers, la matière a été organisée en planètes, en étoiles, en galaxies, en amas de galaxies et en sous-ensembles d'agglomérats de galaxies. C'est un peu comme si une bombe avait explosé dans un grenier et aurait entraîné un assemblage minutieux des grains de blé dans des sacs et des balles de coton à l'arrière de camions prêts à être distribués. Fred Hoyle, un hardi opposant de la théorie du Big-Bang pendant des années, nous livra finalement une opinion fort surprenante :

La théorie du Big-Bang conçoit que l'univers a commencé à partir d'une seule explosion. Comme nous l'avons vu ci-dessus, une explosion ne peut causer que la dispersion de la matière dans tous les sens alors que le Big-Bang a mystérieusement produit l'effet contraire, à savoir la formation de la matière sous forme de galaxies.18

Le fait que la matière produite par le Big-Bang ait créé des formes ordonnées et organisées est en effet quelque chose d'extraordinaire. La création d'une telle harmonie nous pousse à envisager que l'univers ait été le résultat de la création d'Allah.

Dans ce chapitre, nous allons examiner et considérer cette perfection et qualité extraordinaire.

La vitesse de l'explosion

Certaines personnes qui ont entendu parler du Big-Bang mais qui n'ont pas suffisamment réfléchi sur le sujet, ne se rendent pas compte qu'il doit y avoir un plan extraordinaire derrière cette explosion. L'ordre compliqué du Big-Bang présente en réalité un grand nombre d'aspects étonnants.

L'accélération causée par l'explosion est, par exemple, l'une des énigmes de ce phénomène. Lorsque l'explosion a eu lieu, la matière a certainement du commencer à se déplacer très rapidement dans toutes les directions. De plus, il a du y avoir une force d'attraction très importante dès le premier moment de l'explosion ; cette force devait être assez forte pour rassembler l'univers entier en un seul point.

Deux forces différentes et opposées sont mises en jeu ici. Premièrement, la force de l'explosion qui conduit la matière vers l'extérieur. Deuxièmement, la force d'attraction qui tente de résister la première et qui cherche à retenir la matière. L'univers a pris forme grâce à l'équilibre de ces deux forces. Si la force d'attraction avait été plus forte que celle de l'explosion, l'univers se serait effondré. Dans le cas contraire, la matière se serait éparpillée dans tous les sens de telle façon qu'elle n'aurait jamais pu à nouveau s'unir.


Paul Davies : "Il y a assez de preuves pour faire admettre l'existence d'une conception consciencieuse du cosmos."

Quelle était donc la nature de cet équilibre ? Quel était le degré de "lâcheté" entre ces deux forces ?

Le physicien des mathématiques Paul Davies, professeur à l'université d'Adélaïde en Australie, a calculé les conditions qui avaient du exister au moment du Big-Bang et est parvenu à un résultat qui ne peut que être qualifié d'étonnant. D'après Paul Davies, si le taux d'expansion avait varié de plus de 10-18 secondes (un quintillionième de seconde) l'univers n'aurait pu se former. Davies développe sa conclusion comme il suit :

A la suite de mesures précises, le taux d'expansion s'avère être très proche d'une valeur critique qui permettrait à l'univers d'échapper à sa propre gravité et de s'accroître infiniment. Si ce taux d'expansion avait été plus lent, l'univers se serait effondré et, dans le cas contraire, toute matière cosmique se serait dispersée. Il est intéressant de réfléchir à la minutie avec laquelle le taux d'expansion fut précisément accordée afin de se trouver exactement entre ces deux extrémités catastrophiques. Si, au moment de la création (période pendant laquelle le taux d'expansion a été fermement établi), le taux d'expansion avait différé de sa valeur actuelle de plus de 10-18, cela aurait été suffisant pour totalement bouleverser cet équilibre minutieux. L'incroyable exactitude de l'explosion de l'univers a permis l'apparition de sa force de gravitation. Le Big-Bang était donc une explosion d'une magnitude magnifiquement ordonnée.19

Bilim Teknik (Science et Technique, un périodique scientifique turque) cite un article apparu dans Science et qui discute de l'équilibre du phénomène obtenu dans la phase initiale de la création de l'univers :

D'après la théorie de la relativité d'Einstein, si la densité de l'univers avait été un peu plus grande, l'univers ne serait pas en train de s'accroître (ceci étant dû aux forces d'attraction des particules atomiques) mais, au contraire, serait en train de se contracter pour finir en un seul endroit et point. Ainsi, si la densité initiale avait été un peu plus petite, alors l'univers se serait rapidement agrandi et les particules atomiques ne se seraient pas attirées les unes vers les autres et ni les galaxies, ni les étoiles ne se seraient alors formées. Par conséquent, l'homme ne serait jamais venu au monde ! D'après ces calculs, la différence entre la densité réelle initiale de l'univers et sa densité critique, est inférieure à un pour cent d'un quatrillion. Cette situation est similaire à celle d'une pointe de crayon posé sur un endroit précis de telle manière à ce qu'il tienne droit et ceci même après un milliard d'années... De plus, comme l'univers est en train de s'accroître, cet équilibre se précise de plus en plus...20

Même Stephen Hawking qui, dans A Brief History of Time, a essayé avec difficulté d'expliquer la création de l'univers comme une série de coïncidences, reconnaît l'équilibre extraordinaire qýi existe dans le taux d'expansion de l'univers :

Si, une seconde après le Big-Bang, le taux d'expansion avait été plus petit si ce n'est qu'une partie d'une centaine de millième de million de millionième, l'univers se serait effondré avant d'avoir atteint sa taille actuelle.21

Que peut-on tirer comme conclusion d'équilibre aussi remarquable que celui-ci ? La seule réponse rationnelle à cette question est la preuve qu'il y ait eu une conception consciencieuse qui ne peut être le résultat d'un accident. Le Dr. Davies, malgré son penchant matérialiste, a lui-même admis :

Il est difficile de résister à l'idée que la structure présente de l'univers, apparemment sensible aux altérations numériques, a été plutôt bien dessinée... L'apparente concordance miraculeuse des valeurs numériques que la nature a assignées à leurs constantes fondamentales doit rester la preuve la plus patente pour un élément de la conception cosmique.22

Les quatre Forces

La vitesse de l'explosion du Big-Bang était seulement une partie de l'équilibre du moment initial de la création. Juste après le Big-Bang, les forces qui organisèrent l'univers dans lequel nous vivons durent être numériquement exactes sinon l'univers n'aurait jamais existé.

Ces forces, la force gravitationnelle, la force électromagnétique, la force nucléaire puissante et la faible, sont les "quatre forces fondamentales" qui sont reconnues par la physique moderne. Toute structure et mouvement dans l'univers sont gouvernés par ces quatre forces. Les forces nucléaires faibles et puissantes n'opèrent qu'à une échelle atomique. Les deux qui restent, à savoir la force de la gravitation et électromagnétique régissent quant à elles les assemblages des atomes, en d'autres termes, la "matière". Ces quatre forces fondamentales apparurent et agirent immédiatement après le Big-Bang, et créèrent les atomes et la matière.

Une comparaison de ces quatre forces est enrichissante car leur valeur est étonnamment différente l'une de l'autre. Elles sont données ci-dessous sous formes d'unités standard internationales :

la force nucléaire puissante : 15

la force nucléaire faible : 7.03 fois 10-3

la force électromagnétique : 3.05 fois 10-12

la force de la gravitation : 5.90 fois 10-39

Remarquons à quel point les différences entre les puissances de ces quatre forces fondamentales sont grandes. La différence entre la plus puissante (la force nucléaire puissante) et la plus faible (la force gravitationnelle) est d'à peu près 25 suivi de 38 zéros ! Pourquoi atteint-elle une telle proportion ?

Le biologiste moléculaire Michael Denton a soulevé cette question dans son livre Nature's Destiny :


Le biologiste moléculaire Michael Denton a soulevé une question importante dans son livre Nature's Destiny : De quelle manière les lois de la biologie moderne nous révèlent-elles le but de la création de l'univers ? D'après Denton, l'univers a été spécialement créé et conçu pour rendre la vie humaine possible.

Si, par exemple, la force de la gravitation était un trillionième de fois plus grande, alors l'univers serait bien plus petit et sa durée de vie bien plus courte. Une étoile aurait en moyenne une masse un trillionième de fois plus petite que celle du soleil et une durée de vie d'un an environ. D'autre part, si la gravité avait été moins puissante, aucune étoile et aucune galaxie ne se seraient formées. Notons que les autres relations et valeurs ne sont pas moins critiques. Si la force de la gravitation avait été juste un peu moins faible, le seul élément qui aurait été stable aurait été l'hydrogène. Aucun autre atome n'aurait alors pu exister. Si la relation avec la force électromagnétique avait été légèrement plus puissante, le nucléon atomique alors constitué de deux protons seulement aurait été un signe de stabilité pour l'univers, ce qui revient à dire que l'hydrogène serait absent. Et si, malgré cela, il y avait quand même eu des étoiles et des galaxies qui graviteraient, elles l'auraient alors fait de manière complètement différente d'aujourd'hui. En bref, si ces différentes forces et constantes n'avaient pas les valeurs qu'elles ont maintenant, il n'y aurait pas eu d'étoiles ni de supernovae, ni de planètes, ni d'atomes, ni de vie.23

Paul Davies fit d'ailleurs un commentaire sur la manière dont les lois de la physique établirent des conditions idéales pour permettre à l'homme de vivre :

Si la nature avait opté pour un ensemble de nombres différents, le monde serait un endroit totalement différent que celui dans lequel nous vivons. De plus, nous ne serions probablement pas là pour le savoir... Des découvertes récentes sur le cosmos nous obligent à accepter l'idée que l'expansion de l'univers a été mise en place avec une grande et étonnante précision.24

Arno Penzias, qui était le premier, en compagnie de Robert Wilson, à détecter une radiation cosmique (découverte pour laquelle les deux chercheurs ont reçu le prix Nobel en 1965), fit un commentaire sur la conception parfaite qui constitue notre univers :

L'astronomie nous conduit à un seul événement, un univers créé à partir de rien, un univers avec un équilibre si minutieux qu'il fournit les conditions exactes pour permettre la vie et qui ne peut que suivre un plan (que l'on pourrait nommer "surnaturel").

LA PROBABILITE DE L'OCCURRENCE D'UN UNIVERS DANS LEQUEL LA VIE PEUT SE FORMER
Les calculs du mathématicien britannique Roger Penrose démontrent que la probabilité qu'un univers menant à la vie puisse se produire par hasard est d'1 sur 1010 . L'expression "extrêmement improbable" est insatisfaisante pour décrire cette possibilité.
1000000000000000000000000000000 0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000

Les scientifiques que nous avons cités ci-dessus ont tous tiré une conclusion importante de leurs observations. L'examen et la réflexion par rapport aux équilibres incroyables et à l'ordre magnifique que constitue notre univers ne mènent qu'à une seule et unique vérité : Il se trouve dans l'univers une conception supérieure et une harmonie parfaite. L'Auteur de cette conception et de cette harmonie est sans aucun doute Allah, Celui qui a tout créé sans aucune faille. Dans l'un de ses versets, Allah attire d'ailleurs notre attention au sujet de l'ordre dans la création de l'univers, qui fut conçu et planifié dans tous ses détails :

Celui à qui appartient la royauté des cieux et de la terre, qui ne S'est point attribué d'enfant, qui a créé toute chose en lui donnant ses justes proportions. (Sourate Al Fourqâne : 2)

Les mathématiques de la probabilité rejettent l'idée de coïncidence

Ce qui a été dit jusque-là démontre les équilibres extraordinaires qui existent entre les forces qui permettent à la vie humaine d'exister dans cet univers. La vitesse de l'explosion du Big-Bang, les valeurs de ces quatre forces et les autres variables que nous allons étudier dans les chapitres suivants, toutes vitales à l'existence, ont été conçues en fonction d'une précision extraordinaire.

Faisons une courte digression et jetons un coup d'œil à la "théorie de la coïncidence" du matérialisme. La coïncidence est un terme mathématique. En d'autres mots, la possibilité qu'un événement se produise peut être calculée en ayant recours aux mathématiques de la probabilité.

En prenant en compte les variables de la physique, plusieurs questions sont dignes d'être soulevées : Quelle serait l'apparence de cet univers si la vie n'était que le fruit d'une coïncidence ? Une coïncidence parmi un milliard de milliard ? Ou encore un trillion de trillion de trillion ? Ou encore davantage ?


Roger Penrose : "Ce nombre nous démontre combien l'intention du Créateur fut précise et complète."

Roger Penrose, un célèbre mathématicien britannique et un ami intime de Stephen Hawking, s'est interrogé sur cette question et a essayé de calculer la probabilité. En incluant ce qu'il considère comme étant toutes les variables nécessaires pour que les êtres humains puissent exister et vivre sur une planète telle que la nôtre, il a calculé la probabilité que notre environnement existe parmi tous les résultats possibles du Big Bang.

D'après Penrose, la probabilité qu'une telle affirmation soit vraie est de l'ordre de 1010 123 sur 1.

Tellement infime, il est même difficile de concevoir ce que ce nombre signifie. En mathématique, la valeur 10123 revient à dire 1 suivi de 123 zéros. D'ailleurs, ce nombre à lui tout seul correspond à davantage d'atomes qu'on imaginerait pouvoir exister dans l'univers tout entier (qui est de 1078). Mais la réponse de Penrose définit un champ encore plus large : elle exige 1 suivi de 10123 de zéros.

Ainsi, 13 signifie 1.000, donc un millier. 1010 est un nombre qui comprend le chiffre 1 suivi de 1.000 zéros. S'il y a six zéros, on peut l'appeler un million ; s'il y en a neuf, c'est un milliard, s'il y en a douze, c'est un trillion et ainsi de suite. Cependant, il n'existe aucun nom pour un nombre suivi de 123 de zéros.

En mathématique, pour des considérations pratiques, l'on a l'habitude de définir une probabilité d'un sur 1050 comme étant égale à zéro. Le nombre de Penrose, quant à lui, est l'équivalent de plus d'un trillion de trillion d'un trillion de fois moins que cela. En d'autres termes, Penrose, de par son nombre, nous démontre que la création de notre univers par accident ou par coïncidence est une situation impossible.

Roger Penrose fit un commentaire en ce qui concerne ce nombre :

Ce nombre nous permet de prendre conscience de la finesse de la création (et du Créateur) qui a été conçue avec une précision de l'ordre de 1010 . C'est un chiffre extraordinaire. Il est d'ailleurs impossible d'écrire ce nombre en entier sous forme de notation ordinaire : Il serait constitué du nombre 1 suivi de 10123 zéros. Ainsi, même si nous étions amenés à écrire un 0 sur chaque proton et neutron qui se trouvent dans tout l'univers et ceci en y ajoutant toutes les autres particules, nous serions à court pour écrire le nombre exigé.26

Les nombres qui définissent la conception et le plan de l'équilibre de l'univers jouent un rôle crucial et excèdent passablement toute compréhension. Ils nous montrent que l'univers ne peut être en aucun cas le produit d'une coïncidence et à quel point "la précision de la finalité du Créateur'' est extraordinaire.

En fait, pour se rendre compte à quel point l'univers n'est pas le fruit de coïncidences, nous n'avons pas réellement besoin de faire tous ces calculs. En regardant tout simplement autour de nous, on se rendra compte de la minutie avec laquelle l'univers a été dessiné dans ses plus petits détails. Comment un univers tel que celui-ci, comprenant une telle perfection dans ses systèmes, en son soleil, au sein de ses étoiles, de la terre, des gens, des maisons, des fleurs, des insectes et au sein de tant d'autres choses qui sont présentes dans cet univers, aurait pu être le simple résultat d'atomes tombant ensemble par hasard après une explosion ? Chacun des détails que nous observons sont des preuves qu'Allah existe et qu'Il a un pouvoir suprême. Cependant, seuls les gens qui réfléchissent et intelligents peuvent comprendre cela :

Certes dans la création des cieux et de la terre ; dans l'alternance de la nuit et du jour ; dans le navire qui vogue en mer, chargé de choses profitables aux gens ; dans l'eau (la pluie) qu'Allah fait descendre du ciel et par laquelle Il rend la vie à la terre après qu'elle soit morte et y répand des bêtes de toute espèce ; dans la variation des vents ; et dans les nuages soumis entre le ciel et la terre ; en tout cela, il y a des Ayât (preuves, évidences, versets, enseignements, révélations…) pour un peuple qui raisonne. (Sourate Al-Baqarah : 164)

Voir l'évidence de la vérité

La science du 20ème siècle a avancé la preuve catégorique que l'univers a été créé par Allah. Le principe de l'entropie que nous avons mentionné plus haut révèle que chaque détail de l'univers a été conçu pour l'homme sans que la chance ne soit un facteur explicatif.

Cependant, ce qui est étrange est que ceux qui ont découvert ceci et qui concluent que l'univers ne peut pas s'être produit par hasard sont exactement les mêmes personnes qui défendent la philosophie matérialiste. Les scientifiques tels que Paul Davies, Arno Penzias, Fred Hoyle et Roger Penrose ne sont en aucun cas des hommes pieux et ils n'ont certainement eu aucune intention de prouver l'existence d'Allah pendant qu'ils poursuivaient leur travail. Il est possible d'imaginer qu'ils aient tiré leurs conclusions à ce sujet grâce à la présence d'une puissance supérieure plutôt à contrecœur. L'astronome américain George Greenstein admet ceci dans son livre The Symbiotic Universe :

Comment ceci pourrait-il être possible (que les lois de la physique soient conformes à la vie) ? En survolant les différentes preuves, il nous vient immédiatement à l'esprit qu'une sorte d'organisation - ou plutôt d'Organisation - surnaturelle doit être impliquée. Est-il possible que soudainement, et sans le vouloir, que nous soyons tombés sur la preuve scientifique de l'existence d'un être suprême ? Etait-ce Dieu qui intervint d'une manière providentielle et qui créa le cosmos à notre avantage ? 27

Greenstein, qui est athée, ne tient pas compte de la vérité manifeste ; néanmoins il ne peut s'empêcher d'être étonné. D'autres scientifiques ayant moins de préjugés admettent aisément que l'univers doit avoir été particulièrement conçu pour que l'humanité puisse y vivre. L'astrophysicien américain Hugh Ross termine son article "Conception et le principe d'entropie" par ces mots :

Un créateur intelligent et transcendant doit avoir créé l'univers.Un créateur intelligent et transcendant doit avoir conçu l'univers. Un créateur intelligent et transcendant doit avoir conçu la Terre. Un créateur intelligent et transcendant doit avoir conçu la vie.28

De cette manière la science prouva la réalité de la création. Allah existe certainement et Il a créé tout ce qui nous entoure - le visible et l'invisible. Il est le créateur unique de l'équilibre et de la conception extraordinaires et exceptionnels des cieux et de la terre.

Or aujourd'hui, le matérialisme se présente comme un système superstitieux et non scientifique de croyance. Le généticien américain Robert Griffiths le remarqua en plaisantant : "Si nous avons besoin d'un athée pour une discussion, nous nous rendons au département de philosophie. Le département de physique n'est pas très utile."29

Pour résumer : Chaque loi physique et chaque constante physique dans cet univers ont été spécifiquement conçues pour permettre aux êtres humains d'exister et de vivre. Dans son livre The Cosmic Blueprint, Davies énonce cette vérité dans son dernier paragraphe, "L'impression de la Conception est accablante."30

La conception de l'univers est sans aucun doute la preuve de la puissance d'Allah. Les équilibres précis ainsi que tous les êtres humains et créatures sont les preuves de la puissance suprême d'Allah et de son acte de création. Ce résultat découvert par la science moderne est une vérité révélée il y a quatorze siècles dans le Coran :

Certes, votre Seigneur, c'est Allah qui a créé les cieux et la terre en six jours, puis S'est établi (Istawa) sur le Trône (selon une manière qui convient à Sa Majesté). Il couvre le jour de la nuit qui poursuit celui-ci sans arrêt. (Il a créé) le soleil, la lune et les étoiles, soumis à Son commandement. La création et le commandement n'appartiennent qu'à Lui. Toute gloire à Allah, Seigneur de 'Ålamîn (hommes, Djnns et tout ce qui existe autre qu'Allah) ! (Sourate Al-A'râf : 54)

Le rythme des atomes

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"Si les esprits les plus fins du monde peuvent nous révéler avec difficulté les travaux les plus profonds de la nature, alors comment cela se fait-il que certains supposent que ces travaux ne sont qu'un accident hasardeux, le produit d'une chance aveugle ?"

Paul Davies, Professeur de physique théorique

Suite à des calculs précis, tous les scientifiques se sont mis d'accord sur le fait que le Big-Bang s'est produit il y a environ 17 milliards d'années. En outre, tous acceptent le fait que toute la matière qui constitue l'univers fut créée à partir du néant avec cependant l'aide de cette conception magnifique que nous avons évoquée dans les deux premiers chapitres. Finalement, l'univers qui a émergé du Big-Bang aurait pu être bien différent de celui qui existe en ce moment.

Si, par exemple, les valeurs des quatre forces fondamentales avaient été autres, l'univers n'aurait été constitué que de radiations et serait devenu un tissu de lumière sans aucune étoile, ni aucune galaxie, ni aucun être humain ou quoique ce soit d'autre. Grâce à l'équilibre extraordinaire de nos quatre forces, les "atomes", les tas d'agrégats construits que l'on appelle la matière se sont constitués.

Les scientifiques se sont mis d'accord sur le fait que les deux éléments les plus simples - l'hydrogène et l'hélium - ont commencé à se former pendant les quatorze premières secondes après le Big-Bang. Leur formation est le résultat d'une réduction de l'entropie universelle qui éparpillait la matière. En d'autres termes, l'univers n'était d'abord qu'un amas d'atomes d'hydrogène et d'hélium. Dans un tel cas, les étoiles, les planètes, les pierres, les arbres ou encore les êtres humains n'auraient pu exister. L 'univers n'aurait été constitué que de ces deux éléments.

Le carbone, élément fondamentale de la vie, est bien plus lourd que l'hydrogène et l'hélium. Comment a-t-il bien pu être formé ?

En essayant de trouver une réponse à cette question, les scientifiques ont fait l'une des plus grandes découvertes de ce siècle.

La structure des éléments

La chimie est une science qui traite de la composition, de la structure et des propriétés des substances ainsi que des transformations qu'elles subissent. La chimie moderne est basée sur le tableau périodique des éléments. Le chimiste russe Dmitry Ivanovich Mendeleyev fut le premier à organiser les éléments chimiques dans le tableau périodique en fonction des structures atomiques des éléments. L'hydrogène, le plus simple de tous les éléments, occupe la première place du tableau. Il est composé d'un seul proton dans son nucléon et d'un électron qui gravite autour.

Les protons sont des particules subatomiques qui transportent une charge électrique positive dans le nucléon d'un atome. L'hélium qui possède, par exemple, deux protons, occupe la seconde place du tableau périodique ; le carbone possède six protons alors que l'oxygène en contient huit. Tous les éléments possèdent un nombre différent de protons.

La seconde particule, après le proton, présente dans le nucléon d'un atome est le neutron. Contrairement aux protons, les neutrons ne transportent pas de charge électrique ; ils sont neutres, comme le suggère leur nom.

La troisième particule de base d'atomes est l'électron qui transporte une charge électrique négative. Dans chacun des atomes, le nombre de protons et d'électrons est le même. Contrairement aux protons et aux neutrons, les électrons ne sont pas situés à l'intérieur du nucléon. Ils gravitent autour du nucléon à une allure très rapide qui leur permet de maintenir une distance entre les charges positives et négatives de l'atome.

La différence dans la structure de l'atome (le nombre de protons/d'électrons) permet de distinguer les éléments les uns des autres.

Mis à part la structure des atomes, il est important de prendre en considération un autre critère chimique fondamental, celui de la non-transformation des éléments. Par exemple, transformer le fer (qui possède vingt-six protons) en argent (qui possède dix-huit protons) demanderait le déplacement de huit protons. Cependant, les protons sont liés entre eux par une force nucléaire puissante ; le nombre de protons dans un nucléon ne peut donc changer que lors de réactions nucléaires. En effet, toutes les réactions nucléaires qui ont lieu sous conditions terrestres sont en réalité des réactions chimiques qui consistent en un échange d'électron et qui n'affectent pas le nucléon.

Les précurseurs de la chimie moderne, les alchimistes du Moyen-Age, pensaient qu'il était possible de transformer un élément en un autre dû au fait que le tableau périodique des éléments leur était encore inconnu. L'objet préféré de leurs recherches était de parvenir à transformer le fer en or. Nous savons aujourd'hui que les alchimistes s'efforçaient de trouver quelque chose d'impossible au vu des conditions naturelles qui existent sur Terre : les températures et les pressions nécessaires à cette transformation sont inimaginables et trop démesurées pour pouvoir être réalisées sous de telles conditions. Cela dit, il reste possible de réaliser cette expérience si l'on découvre l'endroit propice pour le faire.

Cet endroit idéal se trouve au cœur des étoiles.

Les laboratoires d'alchimie de l'univers : Les géants rouges

La température nécessaire pour vaincre l'obstination que les nucléons présentent face à toute transformation est de l'ordre de 10 millions degrés Celsius. C'est pourquoi l'alchimie à proprement parler ne peut avoir lieu qu'au cœur même des étoiles. Dans une étoile de taille moyenne telle que le Soleil, la radiation d'une énorme quantité d'énergie est le résultat de la transformation de l'hydrogène en hélium.


Les géants rouges sont des étoiles énormes qui sont à peu près cinquante fois plus grands que notre Soleil. Au plus profond de ces géants, un processus extraordinaire a lieu.

En gardant toujours en tête la chimie des éléments, retournons à ce qui suit immédiatement le Big-Bang. Nous avons déjà mentionné que l'hélium et l'hydrogène étaient les seuls éléments qui existaient dans l'univers juste après le Big-Bang. Les astronomes pensent que les étoiles de type solaire (dont le Soleil) sont le résultat de l'activité des nébuleuses (des nuages) de gaz d'hydrogène et d'hélium. Ces nébuleuses, compressées jusqu'à créer une réaction thermonucléaire, permettent que la transformation d'hydrogène en hélium se mette en route. C'est ainsi que les étoiles furent créées. Mais à ce stade, il n'existe toujours pas de vie dans notre univers. En effet, afin que la vie apparaisse, il nous faut des éléments plus lourds tels que l'oxygène et le carbone. En d'autres mots, un autre processus est nécessaire afin que l'hydrogène et l'hélium puissent être convertis en d'autres éléments.

Ainsi, il s'avère que les usines de production de ces éléments lourds sont les géants rouges - une classe d'étoiles qui fait cinquante fois la taille du Soleil.

Ces géants rouges sont plus chauds que les étoiles de type solaire ; cette caractéristique leur permet de faire ce que d'autres étoiles ne peuvent pas : Convertir l'hydrogène en carbone. Néanmoins, cette activité n'est pas si simple même pour ces géants rouges. Comme le dit l'astronome Greenstein :

Même maintenant, lorsqu'on se demande de quelle manière ils s'y prennent, on se rend compte que la méthode employée est étonnante.32

Un nucléon d'hélium
Un nucléon de carbone
L'isotope de béryllium extraordinairement instable formé dans les géants rouges

Le béryllium normal tel qu'il est trouvé sur Terre

La masse atomique de l'hélium est de 2 : Il contient deux protons à l'intérieur de son nucléon. Celle du carbone est de 6. Lors de températures incroyablement élevées, trois atomes d'hélium fusionnent en un seul atome de carbone. C'est ce processus qui a fourni à l'univers ses plus lourds éléments après le Big-Bang.

Mais, comme nous l'avons déjà dit, ce n'est pas une tâche facile. Il est d'ailleurs presque impossible de joindre deux atomes d'hélium et encore plus improbable de le faire pour trois. Comment les six protons nécessaires au carbone se sont-ils alors unis ?

Ce processus se déroule en deux étapes : Premièrement, deux atomes d'hélium fusionnent en un élément intermédiaire qui contient quatre protons et quatre neutrons. Ensuite, un troisième élément s'ajoute à cet élément intermédiaire pour former un atome de carbone composé de six protons et six neutrons.

L'élément intermédiaire mentionné ci-dessus est le béryllium. Le béryllium se trouve d'une manière naturelle sur Terre ; pourtant celui produit dans les géants rouges est d'une nature totalement différente. Cette différence est d'ordre crucial. En effet, ce dernier contient quatre protons et quatre neutrons alors que le béryllium qui existe sur Terre possède cinq neutrons. Le béryllium qui se trouve dans les "géants rouges" est donc une version légèrement différente. En chimie, cette différence dans la composition telle que celle subie par le béryllium est appelée un "isotope".

Etonnamment, l'isotope du "géant rouge" s'avère être d'une incroyable irrégularité. Il y a quelques années de cela, les scientifiques, après avoir étudié cet isotope, ont découvert qu'une fois constitué, il se détruit aussitôt en 0.000000000000001 secondes.

Dans ces conditions, comment un isotope de béryllium irrégulier qui se forme et se désintègre presque immédiatement est-il capable de s'unir avec un atome d'hélium pour former un atome de carbone ? Comment ce processus a-t-il donc lieu dans les géants rouges ? Edwin Salpeter, un astrophysicien américain, a fini par découvrir la clé du mystère grâce au concept de la "résonance atomique".

La résonance et la double résonance

La résonance se définit comme étant l'harmonie des fréquences (les vibrations) entre deux matériaux différents.

Un simple exemple nous donnera une idée de ce que les physiciens appellent "la résonance atomique". Imaginez-vous avec un enfant dans une cour où il y a une balançoire. L'enfant se met alors sur la balançoire et vous commencez à la pousser. Pour que la balançoire continue son mouvement, il faut que vous continuiez à la pousser par derrière. Cependant, l'intervalle de temps avec lequel vous poussez la balançoire est important. A chaque fois que la balançoire s'approche de vous, il faut que vous la poussiez à nouveau mais avec la pression adéquate et au bon moment, à savoir quand elle arrive vers vous à son plus haut point. Si vous la poussez trop tôt, une collision se produira entre votre corps et la balançoire, ce qui perturbera le rythme dans le mouvement de cette dernière. Par contre, si vous la poussez trop tard, l'effort sera gaspillé car la balançoire se sera déjà éloignée de vous. En d'autres mots, la fréquence de vos coups doit être en harmonie avec celle de la balançoire.

Les physiciens assignent le nom de "résonance" à des fréquences aussi harmonieuses. Admettons que la balançoire ait une fréquence de 1.7 secondes : soit qu'elle vous atteigne toutes les 1.7 secondes. A l'aide de vos bras, vous la poussez toutes les 1.7 secondes. Par ailleurs, il est évident que si vous le désirez, vous pouvez changer la fréquence avec laquelle vous poussez la balançoire. Auquel cas vous serez obligé de modifier le rythme de vos mouvements, sinon la balançoire ne se balancera pas comme il le faut.33

Alors que deux, voire plus de corps qui bougent peuvent créer une résonance, celle-ci peut également être produite quand un seul corps mobile entraîne le mouvement d'un autre. Ce type de résonance peut, entre autres, être observé avec des instruments de musique et est alors appelé "résonance acoustique". Si, par exemple, deux violons bien accordés se trouvent dans la même pièce, il suffit de faire vibrer les cordes de l'un pour que le second résonne sans même avoir été touché. En effet, lorsque les deux instruments sont accordés avec précision sur la même fréquence, la vibration de l'un causera la vibration de l'autre instrument.34

Les résonances auxquelles on a fait allusion dans ces deux exemples sont simples et facilement détectables. En revanche, il existe, en physique, d'autres types de résonances vraiment complexes. Dans le cas du nucléon de l'atome, par exemple, les résonances peuvent être difficiles à saisir et sont extrêmement sensibles.

Chaque nucléon atomique possède un niveau d'énergie naturelle que les physiciens sont parvenus à détecter après de longues recherches. Ces niveaux d'énergie sont assez différents les uns des autres, mais, bien que rarement, la résonance entre les nucléons atomiques a pu être quand même observée. Lorsque de telles résonances se produisent, les mouvements des nucléons se trouvent en harmonie les uns avec les autres, de la même manière que dans les cas de la balançoire et du violon évoqués ci-dessus. L'importance de la résonance dans notre discussion est qu'elle produit des réactions nucléaires qui affectent les nucléons.35

En cherchant à comprendre la façon dont le carbone a été créé dans les géants rouges, Edwin Salpeter suggéra qu'il devait y avoir une résonance entre les nucléons d'hélium et de béryllium. Cette résonance, nous dit-il, facilite la transformation de l'hélium en béryllium et est alors susceptible d'expliquer la réaction produite dans les géants rouges. Cependant, à cette époque, les recherches n'ont pas soutenu cette idée.


Fred Hoyle était le premier à découvrir l'équilibre stupéfiant des réactions nucléaires ayant lieu dans les géants rouges. Bien qu'il soit un athée, Hoyle a admis que cet équilibre ne pouvait pas être expliqué par le hasard et qu'il était le résultat d'un arrangement délibéré.

Fred Hoyle fut le second physicien à se poser cette question. Hoyle reprit l'idée de Salpeter en y ajoutant la notion de "double résonance". Hoyle avança qu'il devait y avoir deux résonances : La première entraînant la fusion de deux atomes d'hélium en un atome de béryllium, et la seconde permettant au troisième atome d'hélium de se joindre à cette formation irrégulière. Personne ne crut Hoyle. L'idée d'une résonance d'une telle précision était difficile à accepter ; et il était encore plus difficile de croire qu'il ait pu en avoir deux. Hoyle poursuivit ses recherches pendant des années et parvint finalement à prouver que son idée était vraie : Il se produisait vraiment une double résonance dans les géants rouges. Au moment précis où les deux atomes d'hélium résonnaient en s'unissant, un atome de béryllium apparaissait en l'espace de 0,000000000000001 secondes, qui est le temps nécessaire pour produire le carbone. George Greenstein explique pourquoi cette double résonance est en effet un mécanisme extraordinaire :

Il y a trois structures totalement séparées - l'hélium, le béryllium et le carbone - et deux types de résonances. Il est difficile de comprendre la façon dont ces nucléons travaillent ensemble sans aucun problème... D'autres réactions nucléaires ne se produisent pas avec un tel enchaînement d'événements chanceux... C'est comme si on découvrait des résonances complexes et profondes entre une voiture, une bicyclette et un camion. Pourquoi de telles structures aussi disparates se mêlent-elles aussi parfaitement ? C'est de cette alliance entre éléments disparates que notre existence et que toute forme de vie dans l'univers dépendent.36

Dans les années qui suivirent, l'on découvrit de même que d'autres éléments comme l'oxygène se formaient en résultat de résonances toutes aussi étonnantes. Alors que Hoyle était un matérialiste zélé, sa découverte de ces "transactions extraordinaires" l'a forcé, dans son livre Galaxies, Nuclei and Quasars à reconnaître que les doubles résonances n'étaient pas le fruit d'une simple coïncidence mais le résultat d'une élaboration volontaire.37 C'est pour cette raison qu'il écrivit dans un autre article :

Si l'on veut produire du carbone et de l'oxygène en quantités plus ou moins égales par nucléosynthèse stellaire, ce sont les deux niveaux qu'il faudrait établir. De plus, cet état de fait devrait être exactement où ces deux niveaux se trouvent… Une interprétation sensée de ces faits souligne l'existence d'un intellect supérieur qui aurait usé de ruses dans les domaines de la physique, de la chimie et de la biologie ; il ne peut s'agir de forces aveugles qui existeraient d'elles-mêmes dans la nature. Les nombres calculés à partir de ces faits sont une preuve si écrasante qu'il me semble impensable d'aboutir à une autre conclusion.38

Hoyle déclara que les scientifiques ne peuvent fermer les yeux face à une telle conclusion :

Je pense que n'importe quel scientifique qui examine de telles preuves serait forcé de conclure que les lois de la physique nucléaire ont été délibérément mises en place en fonction des conséquences qu'elles entraînent au sein des étoiles.39

Cette vérité a été écrite dans le Coran il y a 1 400 ans. Allah souligne l'harmonie de la création des cieux dans le verset "N'avez-vous pas vu comment Allah a créé sept cieux superposés..." (Sourate Nouh : 15)

Nucléon d'hydrogène comportant un seul proton
Nucléon d'hélium avec deux et deux neutrons

LA REACTION CRUCIALE QUI SE PRODUIT DANS LE SOLEIL

1) En haut : Quatre atomes d'hydrogènes se joignent dans le soleil pour constituer un seul atome d'hélium.

2) Ci-dessous : C'est un processus en deux étapes. En premier, des atomes d'hydrogènes fusionnent pour former un deutérium. Cette transformation est lente et permet au soleil de brûler constamment.

3) Sur la page opposée : Si les forces nucléaires avaient été juste un peu plus puissantes, un bi-proton aurait été formé à la place d'un deutérium. Cela dit, une telle réaction ne peut se poursuivre longtemps une explosion rapide et catastrophique se produirait en quelques secondes.
Nucléon d'hydrogèérium avec un seul et un seul neutron
Nucléon d'hydrogène avec un seul proton
Un nucléon bi-proton avec deux protons

Un laboratoire d'alchimie plus petit : Le Soleil

La conversion de l'hélium en carbone décrite ci-dessus correspond à un processus alchimique qui se produit dans les géants rouges. Dans certaines étoiles plus petites comme notre Soleil, une alchimie très simple a lieu. Le Soleil convertit l'hydrogène en hélium, c'est cette réaction qui est source d'énergie.

Cette réaction est tout aussi importante que celle qui se produit dans les géants rouges. De plus, la réaction nucléaire produite dans le Soleil est aussi un processus élaboré de manière volontaire, tout comme celle des géants rouges.

L'hydrogène, l'élément de base de cette réaction, est l'élément le plus simple de l'univers car son nucléon ne se compose que d'un seul proton. Dans un nucléon d'hélium, il y a deux protons et deux neutrons. Le processus qui se déroule dans le Soleil est la fusion de quatre atomes d'hydrogènes en un seul atome d'hélium.

Une quantité énorme d'énergie est libérée durant ce processus. Presque toute l'énergie thermale et lumineuse qui atteint la Terre est le résultat de cette réaction solaire nucléaire.

De même que dans des réactions qui ont lieu dans les géants rouges, ces réactions nucléaires solaires comportent des aspects inattendus sans lesquels cette réaction ne pourrait avoir lieu. Il ne suffit pas de simplement placer quatre atomes d'hydrogène ensemble pour les transformer en hélium. Pour que la transformation se produise, il est nécessaire que le processus se déroule en deux étapes (il en est de même dans les géants rouges). Dans la première étape, deux atomes d'hydrogène se combinent pour former un nucléon intermédiaire appelé un deutérium et constitué d'un proton et d'un neutron.

Quelle est donc la force qui soit assez puissante pour produire un deutérium en plaçant deux nucléons ensemble ? Cette force est la " force nucléaire puissante", l'une des quatre forces fondamentales de l'univers mentionnées dans le chapitre précédent. Cette force physique est la plus puissante de toutes celles qui existent dans l'univers, elle est des milliards de milliards de milliards de milliards de fois plus puissante que la force de gravitation. Il n'y a que cette force qui puisse unir ces deux nucléons de la sorte.

Cependant, l'importance de cette affirmation se trouve dans le fait que, d'après certaines recherches, la "force nucléaire puissante" est juste assez puissante pour parvenir à accomplir cette transformation. Si cette force avait été légèrement plus faible, elle aurait été incapable d'unir ces deux nucléons. A la place de compléter cette union, les deux protons se rapprocheraient l'un de l'autre pour finir par se rejeter immédiatement. En conclusion, cette réaction qui se déroule dans le Soleil se terminerait aussitôt après qu'elle a été mise en route. Autrement dit, le Soleil ne serait pas une étoile qui émet des radiations.

A ce sujet, George Greenstein dit :

Si la force puissante avait été légèrement moins forte, la lumière du monde n'aurait jamais été allumée.40

Dans le cas contraire, que se serait-il passé si la force nucléaire avait été plus puissante ? Pour répondre à cette question, il nous faut d'abord jeter un coup d'œil plus minutieux sur le processus qui permet de convertir deux atomes d'hydrogène en un atome de deutérium. En premier lieu, on ôte la charge électrique d'un seul des protons qui devient alors un neutron. Ce neutron constitue ensuite un deutérium en s'unissant avec un proton. La force qui permet cette unification est "la force nucléaire puissante" ; la force qui convertit un proton en un neutron est d'une nature totalement différente et porte le nom de "force nucléaire faible". Cette force n'est faible qu'en comparaison avec la "force nucléaire forte". De plus, la conversion se fait en l'espace de dix minutes, ce qui est un laps de temps énorme sur l'échelle atomique et ce qui a tendance à ralentir la vitesse à laquelle la réaction se produit dans le Soleil.

Penchons-nous maintenant sur la question qui nous concerne : Que se passerait-il si la "force nucléaire puissante" était encore plus forte ? La réaction au sein du Soleil changerait sensiblement parce que la force nucléaire faible serait éliminée de la réaction.

Si la force nucléaire puissante était encore plus forte qu'elle ne l'est déjà, elle serait capable de faire fusionner deux protons immédiatement, soit sans avoir besoin d'attendre les dix minutes nécessaires afin qu'un proton soit converti en un seul deutérium. Les scientifiques appellent un tel "nucléon" un "bi-proton". Cela dit, c'est une particule théorique dans la mesure où on ne l'a jamais observée à l'état de nature. Mais, si la force nucléaire puissante était plus puissante qu'elle ne l'est, il y aurait alors de réels bi-protons au sein du Soleil. Que se passerait-il alors ? En éliminant la phase de conversion d'un proton en neutron, le "papillon des gaz" qui maintient le "moteur" du Soleil disparaîtrait et le Soleil ne pourrait fonctionner aussi doucement qu'il ne le fait. Georges Greenstein décrit le résultat d'un tel scénario de la façon suivante :

Le soleil changerait parce que la première étape dans la formation d'hélium ne serait plus la formation d'un deutérium mais la formation d'un bi-proton. De plus, cette réaction n'impliquerait pas du tout la transformation d'un proton en un neutron. Le rôle de la force faible serait éliminé et seule la force puissante serait impliquée... Ainsi, le combustible du soleil deviendrait si puissant et si réactif que le soleil et les autres étoiles similaires exploseraient sur-le-champ.41

L'explosion du Soleil enflammerait le monde entier et tout ce qui va avec, brûlant en quelques secondes notre planète jusqu'à la plus petite poussière. C'est donc précisément parce que la force nucléaire puissante n'est ni trop puissante ni trop faible, que la réaction nucléaire est ralentie et que l'étoile est capable de diffuser de la lumière et de l'énergie pendant des milliards d'années. Cette minutieuse harmonie permet à l'humanité de vivre. En bref, s'il y avait la plus petite déviation dans cet arrangement, les étoiles (y compris notre Soleil) ne pourraient exister ou exploseraient en un bref laps de temps.

En d'autres termes, la structure du Soleil n'est pas accidentelle. Bien au contraire, Allah a créé le soleil pour que les gens puissent vivre. Comme Il l'exprime dans les versets ci-dessous :

Le soleil et la lune (évoluent) selon un calcul (minutieux), (Sourate Ar-Rahmân : 5)

Les protons et les électrons

Nous avons examiné jusqu'ici les forces qui affectent les nucléons atomiques. Il existe un autre équilibre important dans l'atome que nous devons prendre en compte : l'équilibre entre les nucléons et les électrons.

En termes simples, les électrons gravitent autour du nucléon. Ceci s'explique par la présence d'une charge électrique. Les électrons ont une charge négative alors que les protons, situés dans le nucléon, ont une charge positive. Etant donné que les charges opposées s'attirent, les électrons d'un atome sont attirés en direction du nucléon. Pourtant, la rapidité de déplacement des électrons devrait, sous d'autres conditions, pousser l'électron à s'éloigner à toute vitesse du nucléon. Ces deux forces (centripète et centrifuge) sont si bien équilibrées que les électrons se déplacent en orbite autour du nucléon.


La masse et le volume d'un proton sont incomparablement plus grands que ceux d'un électron mais, assez étrangement, ces deux particules ont des charges électriques identiques (bien qu'opposées). En raison de ce fait, les atomes sont électriquement neutres.

Les atomes sont équilibrés en fonction de leurs charges électriques aussi : Le nombre d'électrons qui gravite autour du nucléon est ainsi identique au nombre de protons qui se situe dans le nucléon (l'oxygène, par exemple, possède huit protons et huit électrons). La force électrique d'un atome est ainsi équilibrée et l'atome est donc neutre d'un point de vue électrique.

Jusque là, nous n'avons touché qu'à la chimie de base. Cela dit, cette présentation simple néglige un point important de cette structure : La masse et la taille des particules. Ainsi, un proton est structurellement toujours plus gros qu'un électron de par sa masse et sa taille. En d'autres mots, si un électron était de la taille d'une noix, un proton serait environ de la taille d'un homme. Ils sont donc physiquement différents.

Mais, étonnamment, bien que le nombre de protons et d'électrons soit identique, leurs charges électriques respectives sont opposées (les électrons sont négatifs et les protons positifs). Il n'y a aucune raison évidente à cela. Théoriquement (et "logiquement"), un électron devrait porter une charge beaucoup plus petite parce qu'il est minuscule.

Mais que se passerait-il si c'était le cas ?

Chaque atome dans l'univers serait chargé positivement au lieu d'être électriquement neutre.

De plus, vu que les charges semblables se repoussent, chaque atome dans l'univers repousserait un autre atome. La matière comme nous la connaissons ne pourrait exister.

Que se passerait-il si tout cela devenait soudainement vrai ? Que se produirait-il si chaque atome commençait à repousser un autre ?

Nous nous trouverions face à des faits tout à fait extraordinaires. Commençons par les changements qui auraient lieu dans votre corps. Au moment où ce changement se produirait, vos mains et vos bras tenant ce livre se briseraient immédiatement. Et non simplement vos mains et vos bras mais également votre corps, vos jambes, vos yeux, vos dents - chaque partie de votre corps exploserait en moins d'une seconde.

La salle dans laquelle vous êtes assis et le monde autour de vous exploseraient en un instant. Toutes les mers, les montagnes, les planètes du système solaire et toutes les étoiles et galaxies dans l'univers se briseraient en poussière atomique. Ainsi, il n'existerait plus rien d'observable dans l'univers. L'univers deviendrait une masse d'atomes désorganisés se poussant les uns les autres.

De combien les tailles des charges électriques des protons et des électrons devraient différer afin que ce phénomène redoutable puisse se produire ? D'un pour cent ? D'un dixième d'un pour cent ? George Greenstein discute cette question dans The Symbiotic Universe :

Les petites choses comme les pierres, les hommes s'envoleraient si les deux charges différaient d'aussi peu que d'une fraction de 100 milliards. Les plus grandes structures comme la Terre et le Soleil ont besoin pour leur existence d'un équilibre encore plus précis que cette fraction d'un milliard de milliard.42

Ici, nous avons encore affaire à un équilibre parfait qui montre que l'univers a été conçu et créé avec un but particulier. Comme John D. Brouette et Frank J. Tipler l'expriment dans leur livre "The Anthropic Cosmological Principle", "il existe une grande conception dans l'univers qui favorise le développement de la vie intelligente."43

Il est clair que chaque conception prouve l'existence "d'un concepteur conscient". Ce concepteur est Allah, "Seigneur de tous les mondes", décrit dans le Coran comme seule puissance qui a créé l'univers à partir du néant et l'a conçu et façonné comme Il a voulu. Comme indiqué dans le Coran, "… le ciel, qu'll a pourtant construit ? Il a élevé bien haut sa voûte, puis l'a parfaitement ordonné." (Sourate An-Nâzi'âte : 27-28)

Grâce aux équilibres extraordinaires que nous avons vus dans ce chapitre, la matière peut rester stable et cette stabilité est la preuve de la perfection de la création d'Allah comme indiqué dans le Coran :

A Lui tous ceux qui sont dans les cieux et la terre : tous Lui sont entièrement soumis. (Sourate Ar-Roum : 26)